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Une succulente
au fond de l'impasse,

Anne Bragance

 

 

Présentation

     Ce soir, au bout de ma tournée, j'irai passer un moment avec la Succulente. Ce sera ma récompense. Avant même de la rencontrer, j'avais entendu dire pis que pendre à son sujet car, sans trop la connaître, ses voisins ne se font pas prier pour déblatérer sur son compte. Ils disent qu'elle ne sort guère de chez elle mais qu'elle reçoit des hommes. Ils disent qu'elle ne fréquente personne dans le quartier et se fait livrer ses repas. Ils disent qu'un jardinier vient tondre sa pelouse tous les quinze jours. Comme ils ignorent son nom, ils l'appellent La Succulente, du nom qu'elle a donné à sa maison. Une plaque émaillée scellée sur l'un des piliers flanquant le portillon qui donne accès au jardin, porte en effet cette inscription en lettres gothiques sur un entrelacs de feuillages. Une enseigne en parfaite adéquation avec l'activité exercée par la dame à condition toutefois que la rumeur dise vrai.

   
François, la quarantaine, agent immobilier de son état, traverse une phase critique de sa vie. Professionnellement, c’est le marasme. Familialement, c’est la bérézina : pour sa femme, il est devenu transparent et ses deux fils adolescents l’ignorent. D’ailleurs, vu l’ambiance du domicile familial il dort désormais à l’agence… Lorsque François rencontre celle qu’on appelle La Succulente, il découvre un personnage hors du commun. Certes, François n’a pas l’habitude de fréquenter les prostituées. Mais entre eux, la relation n’a rien de charnel: La Succulente – Emma de son vrai nom – écoute François s’épancher, et l’initie à la botanique sa passion. François et Emma partagent leur solitude, deviennent amis, chacun révèle à l’autre des pans de sa vie improbables : par exemple, avant d’être prostituée, Emma a été championne de natation ! Lorsqu’elle disparaît, du jour au lendemain sans laisser d’adresse, en chargeant François de vendre sa maison, l’agent immobilier est sous le choc. Peut-être la maison lui livrera-t-il d’autres secrets sur cette femme décidément bien mystérieuse…


photo DR

D'origine andalouse,
Anne Bragance
est née à Casablanca. Elle y a grandi dans un milieu cosmopolite où le français, l'espagnol, l'italien et, bien sûr, l'arabe, se métissaient pour la plus grande délectation de son oreille.
Agée de 16 ans lorsqu'elle arrive en France, elle doit néanmoins oublier le joyeux " pataquès " qui a bercé son enfance et s'employer à maîtriser la langue française car son désir est de devenir écrivain. Elle se marie très jeune, met au monde deux petites filles, mais les joies - et les soucis - de la maternité ne la détournent pas de sa passion première : la littérature. A 28 ans, elle publie son premier roman chez Flammarion. Beaucoup d'autres suivront, sous les couvertures du Seuil, de Grasset, du Mercure de France, de Laffont, de Julliard et d'Actes-Sud.
Elle vit et écrit en Provence.