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Les Planches courbes
Yves Bonnefoy
Mise en vente le 3 octobre
ISBN 2-7152-2298-X
82 F soit 12,5
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Présentation
Le nouveau livre d’Yves Bonnefoy est lié aux plus anciens par
des rappels, « Une pierre » fait songer à Pierre écrite, et « Dans le
leurre des mots » est en écho avec Dans le leurre du seuil ; mais il
l’est plus encore par la façon dont il approfondit le projet poétique
originel :
« Que ce monde demeure
Malgré la mort ! »
L’œuvre ne se poursuit pas dans la crispation ; elle évite
l’hermétisme et se dégage de ce qui passe pour la « marque » de la
poésie (le balancement rythmé, l’image…). Les procédés qui enferment la
parole pour elle-même en sont absents ; la poésie d’Yves Bonnefoy est
une parole ouverte ; elle est un lieu de célébration et d’accueil :
« Oh que tant d’évidence
Ne cesse pas. »
Ce livre nouveau semble intime aux livres antérieurs ; il est
confidentiel sans nostalgie, grave sans inquiétude. Les questions
fondamentales sur la présence et la mort sont reprises par l’enfant qui
ne cesse de vivre en soi, mais dont on néglige d’écouter la parole
simple et confiante :
« Mais il me semble aussi que n’est réelle que la voix qu’on
espère. »
Les deux composantes de cette poésie sont le consentement et le
chant.
Aussi la poésie associe-t-elle à un constat d’évidence une
réflexion sur les mots qui nous rendent le monde plus présent. Notre
relation à la terre s’exprime par le voie de mots simples, le jardin, la
maison, la pierre, la table ; nos deux fautes sont dans l’usage
« Des mots qui offrent plus que ce qui est
Ou disent autre chose que ce qui est » ;
l’emphase (l’hyperbole) ou la méprise (la catachrèse) nous égarent ;
nous détournent du souci de la vérité en parole, à quoi est liée la
poésie :
« Ce chant mon bien unique ».
Le titre de l’ouvrage est celui d’un chapitre du livre. « Les
planches courbes » sont celles d’un bateau au bord d’un fleuve ; le
passeur est un géant ; un enfant se confie à lui ; ils s’éloignent
« dans cet espace sans fin de courants qui s’entrechoquent, d’abîmes qui
s’entrouvrent, d’étoiles ».
On peut prêter des sens divers à cet apologue, et voir dans les
vers des « planches courbes » ; mais le mieux est de le garder en soi
comme le signe de l’énigme.
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Photo
Jacques Sassier/Gallimard |
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Né
le 24 juin 1923, à Tours.
Etudes secondaires, puis de mathématiques et de
philosophie à Tours, Poitiers et Paris.
Il vit à Paris depuis 1944. Voyages, notamment en
Méditerranée et en Amérique. Travaux sur l'histoire des
formes et des moments de la poétique.
Invitations de diverses universités depuis 1960.
Professeur au Collège de France de 1981 à 1993.
Il est traduit dans une trentaine de langues, dont
l’anglais, le japonais, l’italien et l’allemand.
Il vient de publier au Mercure de France (en librairie
depuis le 3 octobre) un nouveau recueil de poésie
intitulé Les Planches courbes.
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