Traduit
de l'anglais par Jean-Pierre Aoustin
mise en vente le 3 septembre 2009
Présentation
11 août 1986 – Berlin
Juste devant moi, dans cette rame de métro bondée,
était assise une très vieille femme, presque centenaire je dirais,
coiffée d’un foulard qui encadrait un large front, protubérant comme une
planète en colère. Elle avait des yeux noirs enfoncés dans leur orbite
et un visage carré aux lourdes mâchoires qui était remarquablement
masculin. Tout semblait horriblement familier et j’avais l’impression
d’avoir déjà vu ce visage, mais en noir et blanc. Plus je la regardais,
plus j’étais certaine que c’était… oui, que c’était Hitler, Hitler en
vieille femme dans ce métro berlinois… Aucun membre de ma famille ne me
crut. C’était absurde, Hitler s’était suicidé dans son bunker en 1945,
tout le monde savait ça…
Tatiana a quatorze ans quand elle a cette terrifiante
vision. Dix ans plus tard, elle revient à Berlin pour étudier, puis pour
y vivre de petits travaux, pour rêver un peu, pour être seule. Elle
flotte dans la vie, se promène sur un nuage, ne s’implique jamais nulle
part. Son obsession, c’est cette ville et son horrible passé, la guerre
d’abord, puis le Mur, la coupure. Elle va croiser d’autres fantômes, se
mêler à eux dans les rues, le métro encore, les mystérieux souterrains
côté Est, nous entraînant à sa suite dans des récits d’une grande
poésie, même s’ils sont parfois très noirs. Jusqu’au jour où la violence
va frapper…
Marie-Pierre Bay
présente le livre de Chloe Aridjis
photo Stéphane
Haskell
Chloé Aridjis,
de père mexicain et de mère américaine,
a longtemps vécu à Berlin. Le livre des nuages est son premier roman, salué par une critique unanime – Paul
Auster est un de ses admirateurs – et en cours de traduction dans
onze pays.