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Kayro Jacobi
Juste avant l'oubli

Paula Jacques

 

 

Présentation

      « Kayro Jacobi avait des relations dans le monde du cinéma. Il connaissait beaucoup de personnalités influentes, ainsi que je l'ai dit plus haut, dans les milieux du spectacle et il y comptait aussi quelques bons amis. Il recensa, parmi eux, les artistes bien en cour du nouveau régime – Om Kalsoum, Farid et Atrache, Leila Mourad, Mohammed Abdel Wahab, Faten Hamama, Samia Gamal, Ismaiel Yassine – et capables donc d'intervenir auprès de qui de droit. Mais il s'avéra que les connaissant mieux qu'ils ne le connaissaient lui, soudain – ça c'était clair – il regretta de les avoir sollicités. Personne n'avait accepté de se mouiller. Il lui sembla même que certains se délectaient de son tourment. »

     Le Caire, années 50. Kayro Jacobi est un réalisateur de cinéma prospère qui possède ses propres studios. Il doit sa respectabilité davantage à l’argent de sa femme Norma qu’à son propre talent… Même si ses premiers films ont connu un certain succès, notamment grâce à son personnage inédit de « Bobol Bey », une sorte de Charlot juif. Fasciné par le cinéma américain, Kayro Jacobi a de grandes ambitions. Lorsqu’en 1954, Howard Hawks arrive en Égypte pour tourner La Terre des Pharaons, il se débrouille pour faire partie de l'aventure… Qui tourne court car il doit rentrer au Caire : ses deux sœurs, convoquées par la police, ont disparu. Kayro Jacobi remue ciel et terre pour les retrouver. En vain. Beaucoup de portes se ferment devant lui : en ces temps de vives tensions entre l’État d’Israël et le régime de Nasser, en Égypte il ne fait pas bon appartenir à la communauté juive. Comme un malheur n’arrive jamais seul, Norma accouche d’un bébé mort-né et sombre dans une intense dépression...
     Plus de cinquante ans plus tard, en 2007, une romancière enquête sur la disparition de K. Jacobi ; elle retrouve plusieurs amis du cinéaste égyptien disparu en 1957, qui donnent leurs points de vue respectifs. Ce faisceau de témoignages dessine peu à peu une personnalité attachante vivant dans l’Égypte des années 50.

  

Du même auteur :

- Lumière de l'œil, roman, 1980
- Un baiser froid comme la lune, roman, 1983
- L'héritage de tante Carlotta, roman, 1987
- Déborah et les anges dissipés, roman, 1991, Prix Fémina 1991
- La descente au paradis, roman, 1995
- Les femmes avec leur amour, roman, 1997
- Gilda Stambouli souffre et se plaint..., 2002, Prix Europe 1
- Rachel-Rose et l’Officier Arabe


Photo Stéphane Haskell

Paula Jacques
est née au Caire dans une famille juive qui,
à l'instar de leurs 80.000 coreligionnaires, sera expulsée en 1957. Elle passe son enfance en Israël dans un kibboutz, avant de venir en France.
A Paris, elle exerce toutes sortes de « petits métiers », puis elle fait de l'animation culturelle à la Comédie de Saint-Étienne et créé, en 1971, une compagnie théâtrale.
Depuis 1975, elle est journaliste dans la presse écrite et productrice à Radio France.
Anime depuis 1999 un magazine culturel sur France Inter « Cosmopolitaine »
Elle est membre du prix Femina.