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L'île aux fous,
Ana Garcia Bergua

traduit de l'espagnol (Mexique)
par Serge Mestre

Présentation

      Lorsque Scott rejoignit ses hommes, la dame au couteau s’était relativement calmée. Elle avait expliqué au docteur qu’elles étaient les dernières survivantes de la garnison mexicaine chargée de veiller sur l’île de K. Elle s’appelait Luisa, elle était l’épouse du commandant de ladite garnison, le capitaine Raúl Soulier, qui avait péri en mer avec ses soldats, en tentant d’aller chercher du secours sur une embarcation de fortune. Le seul homme resté sur l’île, avec les femmes et les enfants, était le gardien du phare. Il avait abusé d’elles et leur avait infligé des violences jusqu’à ce matin encore, où elles venaient de le tuer à coups de marteau. À la fin de son récit, madame Luisa le supplia de les emmener dans le bateau, de ne pas les abandonner là.

     Lorsque, ce 18 juillet 1917, les marins américains accostent sur la plage de l’île de K., ils découvrent neuf enfants en haillons et trois femmes apeurées, amaigries, au bord de la folie… Que font-ils dans un tel état de dénuement perdus au milieu de l’océan Pacifique, sur une île déserte et inhospitalière où la seule ressource est le guano produit par les oiseaux ?

     Ana García Bergua reproduit avec talent un fait historique tout à fait dramatique et livre une fresque très originale sur le Mexique.



Née à Mexico en 1960,
Ana García Bergua
est journaliste et critique. L’île aux fous est son quatrième roman,
et le premier traduit
en français.