A la base de la vie de famille en Inde, il
y a les mariages arrangés. C’est une des traditions à peu près immuables
encore aujourd’hui maintenue par les mères, les grand-mères, les tantes
et les belles-mères, très soigneusement à l’insu ou presque des
principaux intéressés.
Neel a beau avoir étudié aux Etats-Unis et être devenu
un brillant anesthésiste dans le plus grand hôpital de San Francisco, il
n’y échappera pas — malgré son passeport américain et sa pétulante
maîtresse californienne. Au cours d’un bref voyage en Inde, le piège se
referme sur lui et le voilà marié à Leila qu’il n’a vue qu’une fois.
Certes, elle est belle, douce, cultivée, intelligente — bien plus qu’il
ne l’imagine — mais il n’en veut pas. Obligé de la ramener avec lui à
San Francisco, il va lui mener la vie dure, avec comme seule idée de
s’en débarrasser.
Mais — et c’est tout le charme et la puissance de cet
excellent roman — Leila va attendre son heure. D’abord apeurée, soumise,
perdue dans un univers dont elle ignore les codes, elle va se reprendre,
deviner, comprendre, refuser d’accepter — et gagner sur toute la ligne.
Sans bruit, sans drame, sans scènes, elle va peu à peu prouver à son
insupportable mari qu’on ne se coupe pas aussi facilement de ses racines
et qu’avoir une bonne épouse indienne, c’est sûrement ce qui pouvait lui
arriver de mieux. Emotion et humour garantis !
Photo Daphney Duke
Anne Cherian
est née en Inde et a étudié aux universités de Bombay, de Bangalore
et, finalement, de Berkeley en Californie. Elle vit aujourd’hui
à Los Angeles. Une bonne épouse
indienne
est son premier roman.