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Présentation
Un grand livre de la nuit. La nuit des corps, la nuit
ferroviaire, la nuit de l’Histoire, tout cela interprété par une voix
singulière, harmonieuse et rauque à la fois. Le territoire de la maladie
et la recherche du salut sont ici revisités par un bâtisseur du langage,
arpenteur des terres intimes, une sorte de soldat (ils sont d’ailleurs
nombreux ici) combattant à découvert. Les poèmes de Ça témoignent de ces
affrontements mais également d’un accord avec le monde, la langue, les
paysages, les êtres humains. Plus encore peut-être que dans Chaos, le
ton est apaisé, souvent amusé, drôle face à la mort. Il relate, à sa
manière à la fois lyrique et froidement objective, quelques uns des
voyages (vécus ou rêvés) du narrateur, écrivain du Nord, qui « descend »
chercher sa vérité à Assise. En chemin il croise, parmi bien d’autres,
le petit pauvre — François, les moineaux s’installent en cercle pour
t’écouter — le docteur Grosdèque, médecin légiste qui chante en ouvrant
les crânes, le Malin lui-même. Toutes ces découvertes, ces amitiés,
l’amour avec « Mon-amour-blond » s’expriment par des formes poétiques
libres. Mêlées, mixées, elles imposent une écriture dont les recherches
formelles, au service de l’indispensable lisibilité du livre, se placent
résolument du côté de celles et ceux qui croient à la communication par
la poésie. Fait de rythmes différents, d’une ponctuation rageuse, Ça
conjugue sexe et violence, mythologie et et réalisme, larmes,
ricanements et tendresse.
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L’œuvre de Franck
Venaille (né à Paris en 1936) se détache désormais
avec évidence parmi les aventures poétiques les plus
intenses de notre temps et s’affirme de livre en livre
comme l’une des voix majeures de la poésie
contemporaine. |
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