sommaire-haut.gif (3862 octets) bleu-horizontal.gif (5027 octets)

 

Abel,
Hugo Marsan

 

Mise en vente le 1er février
16 €

Présentation

     
     Nous voici au moment-clé de mon histoire. Franz éclate de rire en s’avançant vers le piano. Il se penche sur le fauteuil et glisse ses bras sous les épaules et les cuisses d’Aliocha. Il s’empare de sa proie. Aliocha rit lui aussi, tourne la tête vers moi, et amplifie son rire. Il s’accroche au torse de Franz, ses bras enserrent le large cou, et – je ne rêve pas – sa joue se colle à celle du bourreau. Il m’observe du coin de l’œil. Regarde la farce que je te joue ! semble-t-il me dire. Sans le moindre effort, Franz soulève Aliocha de son fauteuil, et tous deux s’envolent, s’éclipsent dans les ténèbres des couloirs. Longtemps leurs rires et leurs cris résonnent dans l’escalier. Et longtemps encore, je perçois leurs chuchotements. J’ai pensé alors : Caïn rapte Abel, il va le tuer.

     Denis, le narrateur qui observe médusé cette scène, est le précepteur d’Aliocha. Nous sommes dans les années 1945, juste après la guerre, dans un petit village du Sud-Ouest. Aliocha, infirme de naissance, vit reclus dans le château de son grand-père. Tout a été organisé pour que les vicissitudes et la laideur du monde ne l’atteignent pas. Au château, il est entouré de serviteurs tout entiers dévoués à sa cause qui arpentent les couloirs comme des ombres furtives et silencieuses. Une règle absolue gouverne la maisonnée : ne jamais évoquer l’infirmité du jeune homme. Pour assister Aliocha au quotidien, il y a Franz. Beau et vigoureux, il est la force vive qui fait défaut à Aliocha, son double sain. Il lui prête ses jambes et son énergie. Le « couple » que forment ces deux-là intrigue Denis, peu à peu rongé par un sentiment de jalousie qui le met face à son propre désir...
Quelle est la réelle nature du lien entre Franz et Aliocha ? Quels lourds secrets le château dissimule-t-il ? Denis est-il vraiment maître de son élève ?
     Naissance du désir, confusion des sentiments et manipulations irriguent le roman d’Hugo Marsan, qui plonge avec délice au cœur des passions humaines.
 

Bibliographie:

Romans:

- La Troisième femme, Acropole, 1986
- Le Labyrinthe au coucher du soleil, Ramsay, 1990
- Le Balcon d'Angelo, Verdier, 1992
- Le Corps du soldat, Verdier, 1993
- Les Absents, Mercure de France, 1995
- Le Désir fantôme, Mercure de France, 1999
- La Gare des faux départs, Mercure de France , 2002

- Véréna et les hommes, Mercure de France , 2004

 

Nouvelles:

- Saint-Pierre-des-Corps, Personna, 1984
- Monsieur désire, Zulma, 1992
- Troisième sous-sol, Editions du Rocher, 1997
- Place du Bonheur, Mercure de France, 2001, prix Renaissance de la nouvelle.

 

Essais:

- Un Homme, un homme, Autrement, 1983
- La Femme-sandwich, Acropole, 1987
- La Vie blessée, Seuil, 1989
 

http://www.hugomarsan.com


photo Hervé Baudat

Hugo Marsan vit son enfance et son adolescence à Dax dans les Landes, au sortir de la deuxième guerre mondiale, très proche de sa grand-mère maternelle - dont il porte le nom. Cette dernière, domestique à onze ans mais autodidacte, devient "cheffesse" de gare, très fière de ses responsabilités en un temps où les femme n'ont pas le droit de vote. Hugo Marsan apprend très tôt d'elle l'égalité véritable des sexes et la force d'analyse des femmes.
Après quatre années à l'Ecole Normale de Dax, Hugo Marsan fait des études de lettres à Lyon puis à Paris. Au retour de ses années de service militaire en Algérie, en 1962, il s'installe à Paris où il vit depuis lors. Il abandonne l'enseignement en 1982 pour se consacrer au journalisme. Il collabore à de nombreuses revues littéraires dont Masques, Nouvelles Nouvelles, Encres Vagabondes et propose pendant cinq ans une émission littéraire en direct, Faute de frappe, sur Fréquence gay
(l'actuelle radio FG).
Il est aussi journaliste littéraire au Monde des livres.